Les jardins imaginaires

Il y a eu comme un trou d’air dans ce blog. Je n’ai rien posté depuis quelques semaines en raison d’obligations professionnelles. Mais me voici de retour avec une série photographique qui a été produite dans le cadre de mon avant-dernier devoir de Nicéphore : les contre-jours et les ombres.

Techniquement, le procédé est simple. Il suffit d’une bonne météo, tendre un drap blanc face au soleil, placer votre sujet derrière le drap et le photographier face au soleil en contre-jour. Le contre-jour va donner un effet de silhouette dans le drap blanc. Composez avec les ombres des arbres à disposition , changez d’orientation pour varier les effets.

Pour avoir une ombre optimale, je vous conseille de shooter vers 16h00. Avant cette heure, le soleil est trop haut et a tendance à tasser le sujet. Au delà de 17h00, le soleil a tendance à trop allonger les silhouettes et les cadrages sont plus difficiles. Il y a d’autre techniques : on peut aussi utiliser un projecteur et jouer avec les ombres portées.

La réalisation a pris du temps car il fallait la météo adéquate et le créneau idéal ne dure qu’une heure. Il a fallu trouver 10 idées différentes pour une série. J’ai choisi de travailler avec les ombres chinoises pour l’imaginaire qu’elles renvoient. Le sujet était une évidence. Je voulais compléter ma série sur notre quarantaine par un travail sur l’évasion qui prendrait le contre-pied de notre réalité contrainte. J’ai donc travaillé sur l’imaginaire des jardins, le désir d’espace et de liberté avec Louis comme sujet principal.

Il y a une semaine, le professeur d’arts plastiques de Lino a donné un sujet similaire à rendre. Elle a fourni une bibliographie très intéressante d’artistes qui se sont servis d’ombres dans leurs créations.

Dans les exemples ci-dessous, vous allez voir que l’ombre ne sert pas toujours d’imaginaire. Dans certaines oeuvres, elle sert d’amplification, à donner des informations sur le sujet. L’image et la réalité s’entrechoquent dans un jeu de correspondances. Parfois l’ombre et le sujet projeté ont tous les deux une valeur de réel. Dans ces exemples le tangible (sujet) entretient une relation étroite avec l’immatériel (ombre) et c’est cette relation qui définit la prise de parole de l’artiste. Je pense à l’installation de Sue Webster et Tim Noble qui interroge notre rapport à la consommation et au gaspillage des ressources.

Dans d’autres créations, l’artiste brouille le réel et l’imaginaire. Je vous recommande d’aller voir le travail plein de poésie de Kumi Yamashita qui utilise l’ombre en intéraction avec un autre sujet. Dans d’autres œuvres, l’ombre ne peut se dissocier du sujet, car celui-ci ne devient lisible que grâce à elle. Larry Kaggan (Mosquito) se sert de ce procédé qui relève presque de l’anamorphose. C’est l’ombre elle-même qui réifie le sujet.

La plupart des œuvres s’appuie sur le principe des ombres portées. Les variations autour des ombres sont d’une grande richesse créative et permettent de traiter de sujets sérieux avec beaucoup de poèsie.

Ma série est moins aboutie que le travail de ces artistes puisqu’aucun autre sujet à part l’ombre n’entre dans le cadre. Je ne joue qu’avec l’imaginaire.

J’ai pris beaucoup plaisir à composer cette série. J’avoue que ces moments de création m’ont permise de m’évader. Les dernières photos ont été plus laborieuses car j’étais à court d’idées. Les graphismes ont été formés avec les plis des draps et les ombres portées des arbres sur le drap. Pour la photo avec les palmes, j’ai pris Louis dans un siège avec les pieds en l’air et j’ai pivoté la photo. Mon ambition était juste de partager un peu de poèsie.

18 commentaires

    1. MerciYoshimi. Pour les ombres fileuses le sujet était décalé par rapport au soleil ( pas tout à fait pliée face) . Les ombres du sol sont faites grace aux ombres des arbres sur le drap et grâce aux replis du drap sur le sol . Parfois le vent donnait des effets d’ondes dans les rendus du draps . Les conditions de lumière et l’emplacement ont donné d’infinies variations .

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  1. Difficile ce devoir! Tu as su t’en tirer avec sensibilité et poésie!
    Traditionnellement le théâtre d’ombres était un exorcisme… Il joue pleinement son rôle et exprime tes désirs d’ailleurs !
    J’ai une préférence pour celle avec le diabolo.
    Tu nous donneras le retour du « prof » ?
    PS Merci pour les références du début !

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci Brigitte . J’ignorais que le théâtre d’ombres était un exorcisme . C’est intéressant. Voici le retour de mon formateur : Bonjour, Pour ce travail de « street photography » à contre jour adapté à cette période de confinement, vous avez bien respecté les contraintes : lumière, unité de lieu, personnages. Ce travail en ombres chinoises est vraiment sympa, c’est beau et poétique. Belle recherche artistique. J’ai eu une très bonne note.

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